ALLOCUTION RADIOPHONIQUE ET EXTRAITS DE PRESSE
concernant le compositeur Ladislas de Rohozinski


ALLOCUTION
prononcée par René DUMESNIL au Poste de radio PARIS - P.T.T.
le 10 janvier 1938 à " la demi heure du Compositeur "

 

 

" Commencerai-je par un aveu ? J'ai la manie de conserver des coupures de journaux, des bouts d'articles. J'ajoute que je choisis ; je ne garde pas n'importe quoi, signé de n'importe qui. Cette manie, en somme, aide dans sa tâche le critique. Ne vous hâtez pas de conclure que c'est parce qu'il a recours à ce qu'on nomme sa documentation pour se faire une opinion bien personnelle qui serait une somme, une moyenne des opinions précédemment exprimées par les confrères.

Non, mais comment fixer une date, sans cette précaution, comment vous dire ce soir que la Sonate pour violon et piano, qui a valu à Ladislas ROHOZINSKI un succès fortifiant la réputation solidement établie déjà par ses œuvres antérieures, a été donnée en première audition à la SOCIETE NATIONALE le samedi 28 février 1920, si je ne retrouvais pas ce bienheureux papier ? En le demandant à l'auteur direz-vous. Mais depuis quand un critique digne de ce nom va-t-il demander aux auteurs ce qu'il doit dire d'eux, fut-ce une date ? Ce serait dangereux en vérité.

J'ajouterai que feuilletant le dossier de Ladislas ROHOZINSKI, j'y trouve des jugements qui fortifient si bien le mien propre que je ne résiste pas au désir de vous les communiquer. Ils sont signés de noms qui leur donnent caution bourgeoise, d'un article de Monsieur Henri Collet dans "Comaedia", à propos de la Sonate précitée, voici la conclusion : " les thèmes sont d'une grande éloquence tantôt dramatiques, tantôt lyriques, graves et bondissants, rêveurs et passionnés, ils sont en correspondance étroite dans la magistrale unité d'un ensemble cyclique … Et en, dépit de cette logique constructive une grande liberté intérieure, de l'air, de la passion, de la vie. La sonate de M. Rohozinski doit être désormais inscrite au répertoire des violonistes.

M. Roland MANUEL, de son côté, écrivait : " Se gardant de tout parti pris d'école, il sait unir la plus loyale technique à cette généreuse tendresse qui fleurit sans effort et s'exalte sans s'égarer jamais, car une pudeur qui tient, semble-t-il, au fond même du tempérament de M. Rohozinski, n'abandonne jamais ses précieux droits. "

A propos de la Suite brève pour flûte alto et harpe, qui fut donnée le 26 février 1921, M. Robert DEZARNEAUX disait dans "La Liberté ", qu'il fallait en louer " le charme délicieux, la transparence, la fraîcheur " ; Louis VUILLEMIN la déclarait positivement exquise et ajoutait qu'elle avait été la grâce de la soirée.

A propos de l'Amertume, que vous entendrez tout à l'heure, et qui fut donné pour la première fois le 24 mars 1923, M. Dominique SORDET constatait qu'il retrouvait à travers les artifices d'une écriture ingénieusement colorée, l'équilibre, la sérénité, la pureté du poète des Syrtes, et il ajoutait que le musicien avait su amalgamer en artiste délicat les timbres soigneusement choisis d'une voix de femme, d'un hautbois, d'une clarinette, d'un violoncelle et d'un piano. M. Florent SCHMITT louait la musicalité toujours fine, l'harmonieuse aisance avec laquelle se meuvent les instruments, aussi habilement traités isolément que dans leurs rapports sociaux, courtois voisinage où chacun sait se tenir à son rang, s'effaçant quand il le faut, mais sachant mettre en œuvre au besoin toutes ses ressources techniques pour atteindre son maximum d'expression.

Puis, parlant des pièces de piano que vous allez entendre également ce soir, M. Florent SCHMITT évoquait la chambre d'enfants - des enfants qui en sont les dédicataires-. L'idée, disait-il, va droit devant elle légère et hardie : la forme est concise, les harmonies hardies, neuves, et ces petites pièces toutes simples et si chastes dans leur nudité, sont pourtant d'une écriture pianistique des plus élégantes …

Encore une citation, avant de refermer le dossier - une citation de M. Adophe BOSCHOT, à propos d'un autre ouvrage, le Quintette pastoral, " qui sonne frais, qui est divers, agréable facile, dont le style très moderne témoigne d'une adroite entente dans les ressources des instruments et qui charme l'oreille et divertit l'esprit ".

Je pourrais continuer ainsi ; à propos des mélodies, ce sont des louanges pareilles, souvent sous les mêmes signatures. Elles disent la grâce délicate des trouvailles, et aussi cette pudeur qui retient le musicien et donne plus de charme encore à ses confidences.

Mais il est temps de vous parler de sa vie, après vous avoir dit ce que des voix autorisées pensent de ses ouvrages. Ladislas Rohozinski est un français d'origine polonaise. Ce qu'il doit à cette ascendance qui l'attache au pays de Chopin, sa musique vous le dira tout à l'heure, mais prenez garde, les confidences que vous en recevrez sont fugitives et discrètes : une inflexion câline, un frémissement d'impatience, une trouvaille de rythme peut-être, et tout cela très bref, ou très contenu, car Rohozinski n'est pas de ceux qui insistent jamais.

Ce qu'il doit à la France, peut-être l'apercevrez-vous mieux. Il a été élevé dans notre Provence, et il y a dans son esprit cette clarté, ce besoin de lumière qui le disposaient si bien à collaborer avec MOREAS, cet héllène devenu français. Il a reçu l'enseignement de Vincent d'INDY : il a été l'ami et un peu l'élève du très regretté Albert ROUSSEL aux temps lointains où l'ex officier de marine ayant déposé le sextant enseignait le contrepoint aux premières générations de jeunes scholistes.

Cette forte discipline qu'on dispensait à a Schola n'a pas plus gêné Rohozinski qu'elle n'avait gêné ROUSSEL lui-même, ou SAMAZEUIL ou LE FLEM. Elle ne l'a point empêché d'écouter la voix séductrice de Claude DEBUSSY, de répondre à l'appel de la flûte du faune et de retenir l'exemple donné par l'auteur de La Mer, de Pelléas et des Chansons de Bilitis. Un exemple, mais rien d'autre, DEBUSSY a ouvert des voies qui, pour ceux qui ne savaient pas se diriger, menaient à des impasses. Rohozinski a su garder sa personnalité. Quelques mesures de l'Amertume ou des pièces de piano vous suffiront pour le reconnaître.

Il a écrit pour l'orchestre : un Conte Fantasque, une ouverture pour l'Omphale de Joachim GASQUET, et la musique de scène pour ce drame, donné sous la direction de Léon JEHIN aux grands concerts de Monte-Carlo, des chœurs à capella, des mélodies, des ouvrages de musique de chambre, trois sonates, des pièces pour piano.

Il a été un chercheur, un pionnier, qui a osé des combinaisons de timbres que nul autre avant lui n'avait tentées et que d'autres, moins habiles, ont imitées sans les réussir. Il a un défaut, et terrible, cet homme si bien doué, ce musicien-né, critique savant à qui l'on doit la mise en œuvre de ce remarquable ouvrage " Cinquante ans de musique française ", et qui a tenu longtemps, avec une compétence et un souci de justice également louables, la rubrique musicale à l'Evènement, ce chef d'orchestre qui a supplée Albert WOLFF aux concerts Pasdeloup, et ce défaut est capital en un temps où l'on ne répugne point d'ordinaire à faire savoir ses mérites : c'est son effacement et sa discrétion. "

René DUMENSIL


EXTRAITS DE PRESSE

Quelques commentaires parus suite à l'exécution d'œuvres de Ladislas de Rohozinski

LE PETIT MONEGASQUE
16 janvier 1916
Œuvre en cause : Ouverture d'Omphale

" Monsieur Léon Jehin nous donna la première audition de l'ouverture d'Omphale de M. Ladislas de Rohozinski. Cette ouverture est le portique musical d'une tragédie lyrique du pur et grand poète Joachim Gasquet. M. Ladislas de Rohozinski est un jeune compositeur qui fit ses études à Paris sous la direction des maîtres Eugène Gigout et Vincent d'Indy. Il en résulte que sans avoir rien abandonné ni perdu des qualités foncières de sa race, il a gagné la méthode et la clarté qui sont le fond de l'école française. L'Ouverture d'Omphale est une page de haute valeur, la structure en est solide, l'ordonnance harmonieuse ; les thèmes précis, caractéristiques, sont nettement posés et savamment développés d'après les ressources d'une technique qui s'avoue moderniste à outrance et qui, par là est bien de son âge et de notre époque.

Il faut remarquer en lui, un symphoniste remarquable, un harmoniste aux audaces heureuses. Sa palette orchestrale est fort riche ; il en jaillit même des nuances nouvelles, tantôt d'une inouïe délicatesse, tantôt d'un éclat merveilleux.

Le public a accueilli très chaleureusement cette belle ouverture et à fait à l'auteur qui assistait à la magnifique exécution une ovation enthousiaste et dignement méritée. "

 

LE PETIT MONEGASQUE
28 janvier 1918
Œuvre en cause : Le Conte Fantasque "
M. Rohozinski, élève de Vincent d'Indy, possède une personnalité fort intéressante et une technique sûre d'elle-même. Ses idées mélodiques sont abondantes, bien choisies, présentées franchement et ne s'étirent pas. Elles se succèdent, parfois sans soudure, comme les motifs capricieux et disparates d'un rêve. Et c'est un joli rêve en effet que ce poème symphonique où s'avère un musicien qui sait fuir la banalité sans frôler l'étrangeté et qui dans ses trouvailles harmoniques et instrumentales garde un goût parfait. "
L'ECLAIR
3 mai 1920
Œuvre en cause : Inquiétudes

" Je vous ai déjà entretenu de ce musicien très subtilement doué, dont l'art offre les charmes d'une pudique tendresse. Les sept pièces que composent ce poème pianistique s'opposent et s'harmonisent selon les lois d'une invisible mais très ferme architecture. M. Rohozinski, qui n'a pas renoncé aux jeux fluides de l'impressionnisme, n'a sans doute pas beaucoup à craindre de ce séducteur dangereux ; ses sonorités ne l'égarent pas. C'est lui qui les mène avec la lucidité et la grâce pensive d'un musicien trop profondément sensible pour n'avoir pas " d'inquiétudes " mais qui sait où il va. "

Roland MANUEL

COMAEDIA
9 mars 1920
Œuvre en cause : Sonate pour Piano et Violon

" Les thèmes de la sonate de M. Rohozinski sont d'une grande éloquence. Tantôt dramatique et tantôt lyriques, graves et bondissants, rêveurs et passionnés, ils sont en correspondance étroite, dans la magistrale unité d'un ensemble cyclique … et en dépit de cette logique constructive une grande liberté intérieure, de l'air, de la passion, de la vie. La sonate de M. Rohozinski doit être désormais inscrite au répertoire des violoniste. "

Henri COLLET

L'ECLAIR
6 décembre 1920
Œuvre en cause : Quatre mélodies

" Sans répudier les artifices d'un impressionnisme discret, cette musique ne se fait jamais l'esclave d'un système. La muse délicate de M. Rohozinski se pare de soieries légères et de fines écharpes : ce n'est pas qu'elle ait rien à cacher, mais elle se dérobe à la curiosité du vulgaire. "

Roland MANUEL

LE MENESTREL
28 avril 1922
Œuvre en cause : Suite Brève pour alto, flûte et harpe

" La Suite Brève pour flûte, alto et harpe de Rohozinski est une composition exquise, apparentée au Prélude de l'Après midi d'un Faune, elle évoque pour nous dans un paysage sicilien les amours, les jeux, le repas d'un dieu Pan. "

G. L. GARNIER

LA REVUE MUSICALE
1922
Œuvre en cause : Suite Brève pour alto, flûte et harpe
" La suit brève de M. Rohozinski est certainement la meilleure œuvre que nous connaissions de lui. Pleine d'une inspiration mélodique dont la ligne se déroule librement et avec une fraîcheur charmante et naturelle, enveloppée de belles et riches harmonies, cette œuvre abonde en trouvailles de sonoritées délicieuses et va son train d'un bout à l'autre, sans s'attarder jamais à un effort de labeur scolastique. La nature rêveuse et parfois nostalgique de M. Rohozinski s'y révèle tout entière animée d'un goût exquis et sûr. "
L'ECLAIR
avril 1923
Œuvre en cause : L'Amertume

" Un Poème pour chant, hautbois, clarinette, violoncelle et piano fait le plus grand honneur à son auteur M. Ladislas de Rohozinski. Ce poème qui s'intitule l'Amertume, emprunte au texte hautain de Moréas les éléments de son inspiration. Aux poètes qu'il élit pour collaborateurs, n'ayons pas l'imprudence de juger le musicien, ni son esthétique, c'est un jeu décevant, où l'on s'égare. Mais, ici, l'affinité est incontestable et profonde. La réussite au demeurant nous en persuade. Elle a du prix, car Moréas n'est point au nombre de ces poètes à tout faire que bénissent et que sollicitent à l'envi les musiciens …. On découvre dans l'Amertume, une sorte de nostalgie hautaine, une sensibilité douloureuse, aux frémissements continus où la personnalité aristocratique de M. de Rohozinski se reconnaît aisément. Cela est d'une ligne sobrement élégante et pure. Le dispositif instrumental a paru heureux. "

Roland Manuel

LA MUSIQUE DE CHAMBRE
1923
Œuvre en cause : Huit petites pièces pour piano

" Les huit petites pièces pour piano plairont par leur sensibilité exquise et leurs trouvailles rythmiques et harmoniques. Elles sont du piano et du meilleur. "

Henri COLLET

LA REVUE DE FRANCE
1 février 1924
Œuvres en cause : Suite Brève, Pièces pour Piano

" Une Suite Brève de M. Rohozinski pour flûte, alto et harpe, nous ramène, par l'association des sonorités, dans cette atmosphère discrète, intime et un peu mélancolique de la musique de chambre des dernières années de Claude Debussy dont on sent d'ailleurs que M. Rohozinski est fortement imprégné ……. La construction est claire et solide et si, dans certains des six morceaux, qui d'ailleurs s'enchaînent, nous rencontrons le parti pris classiquement immuable de l'idée féminine emprisonnée entre l'exposition et la réexposition de l'idée masculine, dans d'autres nous voyons apparaître des intentions cycliques assez caractérisées, des thèmes antérieurs, pafois l'introduction initiale qui, ramenés aux moments favorables et sous d'heureuses transformations, répandent dans l'œuvre, l'unité et, c'est le cas ici, l'esprit de suite. Mais surtout il y la musicalité, toujours fine, et l'harmonieuse aisance avec laquelle se meuvent les trois instruments, aussi habilement traités isolément que dans leurs rapports sociaux, courtois voisinage où chacun sait se tenir à son rang, s'effacer lorsqu'il le faut, mais sachant au besoin mettre en œuvre toutes ses ressources techniques pour atteindre au maximum d'expression. Musique douce et apaisante, sans heurts agressifs comme sans séduction de vulgaire aloi, et qui laisse, tout compte fait, une impression charmante.

A cette Suite je préfèrerai toutefois, du même auteur, les Huit petites pièces pour piano. Treize courtes pages, mais de choix, et dons la dédicace est à elle seule tout un gentil poème : " à Wladzio, Lili, Mihri et Jean ". On songe à la chambre d'enfants. Ici, plus ou presque plus de développements dans ce " style bègue " décevant comme pour un fonctionnaire une horloge de caserne qui retarderait d'une minute sur deux. L'idée va droit devant elle, légère et hardie, sans s'attarder à chaque barre de mesure à de fâcheuses redites … La forme aussi est plus concise, même toutes proportions gardées, plus neuves les harmonies que la gamme sans demi tons n'écorche plus de ses griffes régulières. Je serai surpris que ces Pièces ne fussent pas de composition plus récente que la Suite Brève. Je note particulièrement la numéro 1, avec sa jolie phrase de hautbois. Mais pourquoi l'auteur n'a-t-il pas conservé le même accord, à savoir sol dièse au lieu de la, lorsque la même phrase, transposée à la sixte inférieure s'énonce au cor anglais, ce qui établissait entre ces deux fragments, dons seule la mélodie se déplaçait, une unité harmonique inespérée ….

Bref, ces Petites pièces, toutes simples et si chastes dans leur nudité, ce qui n'empêche une écriture pianistique des plus élégantes, sont extrêmement sympathiques. "

Florent SCHMITT

ECHO DE PARIS
mars 1925
Œuvre en cause : Quintette pastoral

" Une mention spéciale doit être réservée à un Quintette Pastoral de M. de Rohozinski. Les idées sont agréables et faciles, le style est moderne, sans outrances agressives, mais surtout les cinq instruments à vent sont employés, mélangés ou opposés avec une adroite entente de leurs ressources …. Flûte, hautbois, clarinette, cor et basson, voilà une admirable palette de sonorités. Félicitations, M. de Rohozinski d'avoir mis en valeur les ressources du quintette à vent. "

Adolphe BOSCHOT

COMAEDIA
mars 1925

Œuvre en cause : Quintette pastoral

" Le morceau le plus remarqué fut un Quintette Pastoral pour instruments à vent de M. de Rohozinski ; la sonorité en est délicate et choisie, les idées, surtout dans les mouvements rapides, pétillantes et franches, les développements aisés et souples. "

Raymond CHARPENTIER

LA LIBERTE
mars 1925

Œuvre en cause : Quintette pastoral

" Quelle plénitude, quelle rondeur, quelle diversité ! Voilà une œuvre bien moderne qui ne s'empêtre pas dans les vieilles règles et les formules et qui n'est point agressive cependant. "

Robert DEZARNAUX

LES TABLETTES DE LA SCHOLA
décembre 1925

Œuvre en cause : probablement les Petites pièces pour flûte et violon
" M. de Rohozinski est un impressionniste charmant. Il le montre une fois de plus dans ses trois petites pièces pleines de trouvailles. On se prend à regretter qu'il se confine dans les petits détails et n'essaie jamais de se laisser emporter par le souffle des grandes œuvres, mais peut-être est-ce un tort de souhaiter qu'un artiste fasse autre chose que ce qu'il fait quand il y réussit. "
CHANTECLER
septembre 1926

A propos de l'exécution du Prince Ahmad

" Monsieur Zeller a trouvé dans M. Rohozinski un collaborateur précieux comme chef d'orchestre et comme adaptateur de la partition à un groupe réduit d'instruments. Ce travail obligatoire parce que la musique fut écrite à l'origine pour un orchestre assez nombreux a été réalisé par M. Rohozinski avec une connaissance approfondie des timbres et l'ensemble n'a jamais paru souffrir de cette transposition. "

Eugène COOLS

COMAEDIA
27 janvier 1927

Œuvre en cause : Leyla et Medjnoun

" Sous le titre Leyla et Medjnoun, M. Rohozinski nous a offert quatre charmantes pièces pour deux violons et piano ; une sorte de prélude à une légende d'amour bien connue en Perse. Elles ont cette élégance de style et cette aisance claire qui sont dans la manière de M. Rohozinski. On a pris le plus vif plaisir, à ces pièces interprétées avec soin par MM Le Roy et Boo et Mademoiselle Monard au piano. "

Paul Le FLEM

COURRIER MUSICAL
avril 1926

Ouvrage en cause : Cinquante ans de musique française

" Le tome 1er de cette superbe publication que dirige M. L. Rohozinski vient de paraître ; il a fait sensation tant par le luxe et le goût qui ont présidé à sa confection que par la variété de documentation qu'il renferme. L'ouvrage s'est proposé de faire revivre à peu près toute la musique lyrique et symphonique française ayant laissé au théâtre et au concert le souvenir du succès. Il divise la période écoulée de 1874 à 1925 en quatre chapitres dont chacun a été confié à la plume d'un écrivain autorisé : l'Opéra, l'Opéra-Comique, l'Opérette, la Symphonie. ….

Ce vaste panorama de notre art, d'un plan grandiose qui n'exclut pas la richesse du détail, est illustré de plus de 300 gravures, portraits, caricatures, fac-similés d'autographes, décors, et de 23 planches hors texte dont quelques une en couleur. Ornement de bibliothèque, cet ouvrage forme une encyclopédie brillante et vivante, une contribution à la fois précieuse et artistique à l'histoire de notre musique. "

ECHO DE PARIS
décembre 1927

Ouvrage en cause : Cinquante ans de musique française

" On ne dit pas assez quelle immense somme de travail et de dévouement est mise, en France, au service de la musique. Par bonheur une vaste enquête vient d'être publiée sur ce beau sujet. Sous la direction d'un compositeur de talent, M. Rohozinski, vient de paraître le second volume de Cinquante ans de musique française. La période contemporaine, de 1874 à 1925, est étudiée par d'excellents collaborateurs, La mélodie, par M. Charles Koechlin, la musique de chambre et les compositions pour piano par M. Pierre Hermant. Quant à la musique religieuse c'est M. André Coeurroy qui en parle, et il cite le texte complet du fameux Motu proprio. …… "

A. BOSCHOT

Autre article publié du vivant du compositeur

M. Ladislas de ROHOZINSKI, né en 1886, Chevalier de la Légion d'Honneur et français, d'origine polonaise fit ses études musicales à PARIS avec Vincent d'INDY. Le public apprit brusquement son nom par une première oeuvre d'orchestre exécutée pendant la guerre aux Concerts Classiques de MONTE CARLO sous la direction de Léon JEHIN. Tout de suite le public fut conquis et ce fut un très grand succès.

La guerre survint, L. de ROHOZINSKI partit comme engagé volontaire pour la durée de la guerre sur le front français. En 1919 nous le retrouvons critique musical dans de grands quotidiens et dans des revues.

Plus tard, de 1926 à I928, il s'impose comme Chef d'orchestre au THÉATRE des CHAMPS ÉLYSÉES où il dirige, avec maîtrise l'orchestre PASDELOUP pour des saisons de concerts et de ballets.

Mais, malgré ces divers travaux, ROHOZINSKI continue à écrire. De nombreuses oeuvres de musique de chambre voient le jour et sont accueillies avec un égal succès par le public de nos meilleurs concerts.

REVUE DE FRANCE
M. Florent SCHMITT écrit :
" Il faut remarquer, dans l'œuvre de L. de ROHOZINSKI la musicalité toujours fine et l'harmonieuse aisance avec laquelle se meuvent les instruments aussi habilement traités isolément que dans leurs rapports courtois, voisinage où chacun sait se tenir à son rang , s'effacer lorsqu'il le faut, mais sait, au besoin, mettre en oeuvre toutes ses ressources techniques pour atteindre au maximum d'expression musique douce et apaisante sans heurts agressifs, comme sans séduction de vulgaire aloi et qui laisse une impression charmante. "
Dans son ouvrage sur la musique contemporaine en France,
René DUMESNIL écrit :
" J'ai déjà signalé l'influence de DEBUSSY sur quelques un des disciples les plus distinguée de la Scola L. de ROHOZINSKI qui fut l'élève de VINCENT d'INDY a subi le charme ensorcelant du magicien des Nocturne, mais polonais d'origine bien que de culture française, il a trouvé des accents très personnels tant dans sa musique vocale que dans l'instrumentation raffinée des pièces de musique de chambre où il excelle, nul mieux que lui n'a su combiner plus subtilement les timbres. "
  Pour avoir un autre aspect de l'art si personnel de L. de ROHOZINSKI, citons deux phrases du critique M. Roland MANUEL qui l'a si bien compris. Il écrit que L'ART de M. de ROHOZINSKI offre les charmes d'une pudique tendresse. Et à propos d'une de ses oeuvres " L'AMERTUME, il découvre une sorte de nostalgie hautaine, une sensibilité douloureuse aux frémissements continus. "